Uranium : le Niger tombe à 0,23 % des livraisons européennes — mais la dépendance n’a pas disparu
En 2025, le Niger n’a fourni que 0,23 % de l’uranium livré aux électriciens de l’UE. Canada, Kazakhstan, Russie et Ouzbékistan dominent désormais les approvisionnements. La dépendance s’est déplacée.
Pendant des années, le débat français sur l’uranium s’est résumé à une formule : “le nucléaire dépend du Niger”. Les données européennes 2025 racontent désormais autre chose. Le Niger n’a fourni que 33 tonnes d’uranium naturel à l’UE, soit 0,23 % des livraisons.
Le centre de gravité s’est déplacé vers le Canada, le Kazakhstan, la Russie, l’Ouzbékistan et la Namibie. La dépendance n’a donc pas disparu ; elle a changé de géographie et se concentre aussi dans les étapes de conversion et d’enrichissement.
1. Le Niger n’est plus le point central de l’approvisionnement européen
Selon l’Euratom Supply Agency, le Canada a représenté 36,68 % des livraisons 2025, le Kazakhstan 20,31 %, la Russie 15,98 % et l’Ouzbékistan 10,37 %. Le Niger chute à 0,23 %.
Le récit politique peut donc rester bloqué sur une dépendance qui n’est plus quantitativement dominante. La question réelle devient la concentration sur quelques fournisseurs et la dépendance à certaines capacités industrielles en aval.
2. Le paradoxe russe demeure
L’UE a fortement réduit de nombreuses dépendances énergétiques envers la Russie, mais l’uranium naturel russe représentait encore près de 16 % des livraisons 2025. En agrégeant les pays de la CEI, l’agence Euratom calcule 46,81 % des livraisons.
Cette statistique ne signifie pas que toutes ces tonnes sont contrôlées par Moscou. Elle montre toutefois que la diversification géopolitique du combustible nucléaire reste incomplète.
3. L’uranium ne suffit pas : il faut regarder conversion et enrichissement
Une centrale ne charge pas du minerai brut. La chaîne comprend extraction, conversion, enrichissement et fabrication du combustible. Une diversification minière peut donc coexister avec un goulot d’étranglement industriel sur une autre étape.
C’est pourquoi le débat “d’où vient l’uranium ?” doit être complété par “qui peut le convertir et l’enrichir à temps ?”.
4. Le nucléaire européen devient une question de contrats longs
Les utilities sécurisent leur combustible plusieurs années en avance. Une rupture géopolitique ne se transforme donc pas instantanément en arrêt de centrale, mais elle peut renchérir les contrats futurs et accélérer la compétition pour les capacités non russes.
Le tableau à garder
| Origine 2025 | Part des livraisons UE | Lecture stratégique |
|---|---|---|
| Canada | 36,68 % | premier fournisseur, allié politique stable |
| Kazakhstan | 20,31 % | poids croissant mais routes et acteurs à surveiller |
| Russie | 15,98 % | dépendance résiduelle directe |
| Ouzbékistan | 10,37 % | forte hausse en 2025 |
| Niger | 0,23 % | effondrement des livraisons par rapport à 2024 |
Les 4 signaux à suivre
Questions fréquentes
Le nucléaire européen dépend-il encore du Niger ?
Beaucoup moins qu’avant : le Niger n’a représenté que 0,23 % des livraisons d’uranium naturel de l’UE en 2025.
Quel est le premier fournisseur de l’UE ?
Le Canada, avec 36,68 % des livraisons 2025 selon l’Euratom Supply Agency.
Quelle est la part de la Russie ?
15,98 % de l’uranium naturel livré en 2025 provenait de Russie.
Pourquoi regarder aussi l’enrichissement ?
Parce que le combustible nucléaire passe par plusieurs étapes industrielles ; une dépendance peut subsister même si l’origine minière est diversifiée.
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