Cuivre : un déficit de 25 % pourrait apparaître en 2035 — le métal qui peut ralentir l’IA et les réseaux
L’AIE projette un déficit potentiel d’environ 25 % de cuivre en 2035 sur la base des projets annoncés. Réseaux, data centers, voitures et industrie : pourquoi le cuivre devient un risque macro.
Le lithium attire les gros titres, mais le métal qui relie physiquement la transition énergétique est le cuivre. Réseaux électriques, transformateurs, moteurs, data centers, véhicules, éoliennes : presque chaque électrification ajoute du cuivre.
L’AIE estime désormais qu’en 2035 l’offre issue des mines existantes et des projets annoncés pourrait rester environ 25 % sous les besoins. Ce n’est pas une “pénurie demain”, mais un problème de calendrier industriel : une mine met souvent plus d’une décennie à produire.
1. Pourquoi le cuivre est plus difficile à remplacer que le lithium
Le cuivre est utilisé dans des milliers d’applications et son recyclage est déjà important. Pourtant, la croissance des réseaux et des technologies électriques augmente la demande en volume.
L’AIE souligne la baisse des teneurs des minerais, la hausse des coûts d’investissement et le ralentissement des découvertes. Même avec des prix élevés, accélérer l’offre prend du temps.
2. Le risque se déplace vers le raffinage
La Chine a représenté l’essentiel de la croissance mondiale du raffinage depuis 2005 et environ la moitié de l’offre raffinée en 2025. En janvier 2026, les frais de traitement de référence ont même atteint zéro dollar par tonne, signe d’une surcapacité de fonderies face au manque de concentré minier.
Autrement dit, le monde peut manquer de minerai au moment même où il dispose de beaucoup d’usines pour le transformer.
3. IA et réseau électrique se retrouvent en concurrence indirecte
Un data center ne “consomme” pas seulement de l’électricité : sa connexion exige câbles, postes, transformateurs et équipements électriques. La croissance de l’IA augmente donc la pression matérielle sur la même chaîne que les véhicules électriques et les réseaux.
Le goulot peut apparaître sous forme de délais et de coûts plutôt que de rationnement physique.
4. Le recyclage peut devenir un actif stratégique
L’AIE considère le recyclage comme l’un des leviers les plus importants pour réduire la pression sur l’offre primaire. Les volumes de cuivre récupérables augmentent avec le vieillissement du parc électrique et électronique.
Le signal à surveiller n’est donc pas seulement le prix du cuivre, mais l’écart entre nouvelles mines, capacités de recyclage et croissance réelle des réseaux.
Le tableau à garder
| Facteur | Impact sur le cuivre | Conséquence possible |
|---|---|---|
| Réseaux électriques | très élevé | délais de raccordement et hausse du CAPEX |
| Data centers IA | élevé localement | plus de câbles, transformateurs et distribution |
| Véhicules électriques | élevé | moteurs, câblage, bornes |
| Recyclage | réducteur de tension | moins de besoin d’offre primaire |
Les 4 signaux à suivre
Questions fréquentes
L’AIE prévoit-elle une pénurie de cuivre ?
Elle projette un déficit potentiel d’environ 25 % en 2035 sur la base des projets annoncés, ce qui signifie que l’offre planifiée pourrait ne pas couvrir les besoins.
Pourquoi le cuivre est-il crucial pour l’IA ?
Les data centers nécessitent des réseaux, transformateurs, câblages et systèmes électriques qui utilisent beaucoup de cuivre.
La Chine domine-t-elle le cuivre ?
Elle domine surtout le raffinage : sa part a atteint environ la moitié de la production mondiale raffinée en 2025 selon l’AIE.
Le recyclage peut-il réduire le risque ?
Oui, l’AIE considère l’augmentation du recyclage comme un levier majeur pour réduire la pression sur l’offre minière.
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